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  Les Serbes catholiques, çà a existé ...

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Auteur Article :   Les Serbes catholiques, çà a existé ...
niketa
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De :Paris, France
Enregistré le : Avr 2001

posté le 14 Mai 2001 à 16:19     Cliquez ici pour voir le profil de niketa   Cliquez ici pour envoyer un courrier électronique à niketa     Modifier/Supprimer le message   Répondre en faisant référence
Cher ZeleniCG, eh oui, les Serbes catholiques, ce n'est pas une invention de la propagande grand'serbe destinée à spolier les Croates de leur riche patrimoine historique. Ce fut une réalité historique.
Ils furent même quelques dizaines de milliers à se considérer comme tels dans le passé, avant que l'éradication oustachie et l'intimidation communiste ne les convainquent qu'il fallait devenir de bons croates voire de bons albanais (çà me rappelle la monténégrisation ou la diocléisation de la Katunska Nahija à coup de violence et de propagande éhontée).
J'en veux notamment pour preuve l'une des dernières paroles que prononçà Dum Ivo Stojanovic (1829-1900), un des derniers curés catholiques serbes de Dubrovnik, qui déclara à ses ouailles avant de mourir : "Srbin si po rodu i obicajima ; u Srpstvo ti je jedini spas ..." "Tu es Serbe de "race" et de tradition. Dans la serbité réside ton unique salut ...". Cet homme extraordinaire, véritablement européen, qui parlait l'italien, le serbo-croate, l'allemand, le latin, le grec, l'hébreu ... était surnommé le "Gospar" par la population. Il était un des derniers représentants de l'intelligentsia serbe de Dubrovnik, qui gravitait autour du journal serbe Dubrovnik et de la revue littéraire Srdj. Avec le comte Medo Pucic, les comtes Lujo et Ivo Vojnovic, il représentait cette génération qui savait d'où elle venait et où elle voulait aller.
Toujours minoritaire, depuis un siècle très marginal, le catholicisme serbe a bien existé, surtout dans le Konavlje, la Boka, mais aussi dans une moindre mesure en BOsnie-Herzégocine, sur le littoral de Makarska, à Hvar ... bref, au sud de l'historique ligne de fracture croato-serbe qui part du nord (Save), descend entre l'Una et le Vrbas (près de la Sana) et finit sur la rive droite de la Cetina (au nort de Split).
En 923, à la réunion de Split, le prince serbe de Zahumlje est déjà présent près des prélats latins avec le roi Croate Tomislav.
Plus tard, l'archeveché de Bar est fondé, et l'archevêque prendra le titre de "primus serviae".
Au Moyen Age, de nombreux seigneurs et fidèles de Bosnie et d'Herzégovine sont catholiques, sous la forte pression de la Hongrie voisine et des franciscains, ce qui ne les empêche pas de se proclamer Serbes (comme le Ban Matej Ninoslav qui appelle ses sujets "Serbes" au XIIIe dans trois de ses chartes / ou Tvrtko qui se proclame "Roi des Serbes, de Bosnie, de Primorije ..." - Kralj Srbljem i Bosni ... sur le tombeau de Saint Sava - en 1377 et rend hommage à ses ancêtres les "seigneurs serbes" / sans parler des nombreux princes et seigneurs qui affirment écrire et s'exprimer en "langue serbe" ..).
En Dalmatie du Sud, alors que les orthodoxes affirment leur serbité, chez les catholiques, l'identité reste floue pour beaucoup (on se dit "dalmate" ou "slave"), mais les plus conscients se disent serbes. On peut citer les noms de certains notables de Raguse qui parlent de la "lingua serviana" et de leurs origines bosniaques ou herzégoviniennes, ou des évêques de la famille Zmajevic au XVIIIe. Nombreux aussi furent ceux qui conservè_rent le rite de la célébration de la slava, fête typiquement serbe. Du fait de l'influence italienne, hongroise, ou croate, cette identité serbe douloureuse car minoritaire eut du mal à s'exprimer mais elle perdura de façon latente dans la conscience d'un petit peuple catholique serbe "résistant" aux tentatives d'assimilation pendant des siècles, qui réverrait St Jovan Vladimir, Saint Sava, les héros de Kosovo.
Au XIXe siècle eut lieu le grand réveil, avec des patriotes serbes ardents comme Antun Fabris, Antun Puljezi (chef du parti serbe en Dalmatie), les frères Castrapelli et Monti, les Gradi, Vlaho Matijevic, Vikentije Butijer, Kazimir Luketic, Matija Ban, Marko Car, Ignjat et Lujo Bakotic, Milan Resetar, Valtazar Bogisic, Dum Jakov Grupkovic, et j'en passe, tellement ils sont nombreux et perdus dans l'oubli général... Ce patriotisme culmina avec l'érection du monument en l'honneur de Gundulic à Dubrovnik en 1893, organisé par la jeunesse serbe de la ville, et qui culmina par un hommage rendu à Medo Pucic (auteur de "Souvenirs serbes"...) à Lapad, près de la ville...
Ce n'est pas parce que la terreur oustachie et l'occultation communiste sont passés par là, que l'on doit oublier ces pages d'histoire authentiques, qui appartiennent à la mémoire d'un peuple.

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Branislav
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posté le 14 Mai 2001 à 16:46     Cliquez ici pour voir le profil de Branislav   Cliquez ici pour envoyer un courrier électronique à Branislav     Modifier/Supprimer le message   Répondre en faisant référence
Et que de nombreux documents français, datant du début du XXe, siècle indiquent pour Dubrovnik: "ville de la côte dalmate où la majorité de habitants se proclame serbe". Mais ces populations se sont croatisées au cours du siècle, surtout en raison de la terreur oustachie de la Seconde Guerre Mondiale. La croatisation était douce et progressive dans la seconde moitié du XXe siècle.

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Branislav
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posté le 14 Mai 2001 à 16:56     Cliquez ici pour voir le profil de Branislav   Cliquez ici pour envoyer un courrier électronique à Branislav     Modifier/Supprimer le message   Répondre en faisant référence
Attention, Niketa, pas trop d'érudition sinon ZeleniCG va sauter au plafond en disant que c'est une construction mytho/pathologique de la propagande grand-serbe...

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niketa
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posté le 16 Mai 2001 à 16:12     Cliquez ici pour voir le profil de niketa   Cliquez ici pour envoyer un courrier électronique à niketa     Modifier/Supprimer le message   Répondre en faisant référence
Quelques rectificatifs et précisions sur mon message précédent (parfois, la mémoire vous trahit...).
Le "Sabor" de Split s'est réuni en 924 et non 923.
Le pape Urbain III qualifie dans une lettre de 1187 la Bosnie de royaume serbe : "regnum Serviliae, quod est Bosna".
Le ban Matej Ninoslav a rédigé les trois chartes citées en quelques années, dont une en 1240 et l'autre en 1249. il y est écrit entre autres (à propos des relations Bosnie-Dubrovnik):
"Ako vjeruje Srbljin Vlaha, da se pri pred knezom dubrovackim ; ako vjeruje Vlah Srbljima, da se pri pred banom".
Andrija Zmajevic, primas serbiae (1624-1694), fut beaucoup plus pro-serbe que son neveu Vicko.

Le dr Vlaho Matijevic, leader de la jeunesse serbe de Dubrovnik, déclara lors de la cérémonie de 1893 :
"Kao sto pokojni Medo (Pucic)svojim plemenitim i patriotskim srcem ljubijo sve Slavene, kao sto on pjevao o slovenskoj slozi, a ipak kao Dubrovcanin znao da ne moze budo drugo nego Srbin, tako i dubrovacka omladina pruza ruku svim Slovenima, ali ujedno ne zaboravlja nikad da ona srpske narodnosti, i da tu svoju narodnost ima da ocuva".
Un poète anonyme composa le texte suivant au sujet des controverses sur Gundulic :
"Tri su Gundulica : srpski, dubrovacki, i hrvatski. Najvise se cuje o srpskom, govoriti i o hrvatskom. Valja da je ismedj tijeh, Dubrovacki gori od svijeh".
(extrait du livre de Lujo Bakotic, "Srbi u Dalmaciji od pada mletacke republike do ujedinjena").
Bakotic estimait que la population serbe d'alors, sur un total de 600 000 Dalmates, pouvait être estimée à 120 000 pour les orthodoxes et environ 25 000 pour les catholiques.
Dusan Batakovic l'historien contemporain cite lui le chiffre de 100 000 Serbes catholiques dans sa "Nouvelle Histoire du peuple Serbe", récemment publiée par les éditions l'Age d'Homme (Nas Dom) à Belgrade ...

En fait, la propagande du Parti croate du droit de Frank (ancêtres des oustachis) était déjà très puissante en Dalmatie au début du siècle. Elle fut ensuite poursuivie après 1945 jusqu'à nos jours sur un mode plus "subtile"...

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